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 Journal d'un terroriste

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Chamois
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MessageSujet: Journal d'un terroriste   Dim 27 Avr - 16:53

Brève présentation :

Il s'agit d'une histoire écrite à deux personnes de fin 2011 à début 2012. Ce n'est pas récent et la forme n'est pas forcément des plus agréables, c'est plus sur le fond que nous avons bien déliré.
C'est une histoire dont les quatre premiers épisodes ont été intégralement écrits et dont le cinquième est inachevé.

Ne cherchez surtout pas de la logique partout, il y a un fil conducteur mais rien de plus^^

Les auteurs sont Kentwix (son ancien pseudo VF) et moi-même. En espérant qu'il passera sur le forum un de ces quatre Smile

Pour les intéressés pour le lire, je posterai épisode par épisode pour que ce soit assez digeste. De base, il s'agissait de gros pavés que nous avons divisé en paragraphes, ce qui doit quand même alléger un peu la lecture. Dans tous les cas, n'hésitez pas à donner vos avis et peut-être qu'un jour, le JD'UT reprendra son cours Smile

Sommaire :
Partie 1 # 14 novembre
Partie 2 # 15 novembre
Partie 3 # 16 novembre
Partie 4 # 17 novembre

_________________


Dernière édition par Chamois le Sam 3 Mai - 12:32, édité 6 fois
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Chamois
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MessageSujet: Re: Journal d'un terroriste   Dim 27 Avr - 16:57

Partie 1 # 14 novembre

Alors qu'une nuit polaire s'annonce, Waremme, petit patelin belge isolé du reste du monde, se couche. L'air n'a pas dépassé les moins soixante-neuf degrés depuis plusieurs jours et le soleil n'a pas montré le bout de son si chaleureux nez depuis des siècles. Une épaisse brume recouvre le village. Le lointain est invisible à l'œil nu et chaque pas doit être fait avec la plus grande attention possible. La chaussée et les trottoirs qui l'accompagnent sont recouverts d'un épais manteau blanc. L'on peut y apercevoir quelques détritus provenant des personnes sans domicile qui dorment en masse dans les intrigantes flaques d'eau boueuses, résultant de la rapide fonte de la neige, qui jalonnent les chemins les moins empruntés par les touristes. D'un blanc pur à d'autres endroits, la poudreuse se transforme en un putréfiant liquide qui descend dès lors les canalisations avant d'empester les logements les plus proches !

Cependant, bien que chaque foyer s'éteigne progressivement, une lumière continue de scintiller au cœur de la ville. Cette source de lumière hypnotisante provient de la chambre d'un jeune adolescent âgé de dix-sept ans depuis peu ! La chaleur de la lumière fait condenser la vapeur de la fenêtre, de petites gouttelettes glaciales descendent alors jusqu'à atteindre le contour boisé du carreau avant de pénétrer et de s'harmoniser avec les inquiétants larges flocons blancs qui arborent les toits des différents logis. Aucun bruit ne se dégage de l'atmosphère pesante du village, seul persiste l'abrupte son des pelles utilisées afin de déneiger les sentiers les plus encombrés par cette "purée blanche". Ce son est de temps à autre essuyé par le tintement des glas annonçant la mort d'un être. Un regard curieux vers le clocher de l'église s'impose alors, c'est à ce moment-ci que l'on aperçoit au-derrière du monument religieux une massive colline. Mont Kenny, le majestueux, surplombant le village, ne permet pas aux rayons du soleil de s'étendre sur celui-ci. Son sommet, de ce fait toujours éclairé, sert de lieu de surveillance des environs pour le garde champêtre Waremmien. De là-haut, le vieil homme peut ainsi observer en permanence les faits et gestes de chacun. Et en ce quatorzième jour de novembre, aux alentours d'une heure du matin, cet éclairage unique au cœur du village intrigue notre cher observateur. En effet, à cette heure si tardive, le gardien de la commune en profite habituellement pour roupiller du fait de l'absence de mouvement dans le hameau. Tandis qu'il espère assister à un spectacle des plus sexuels, l'homme est surpris de ne voir à travers ses jumelles qu'un jeune garçon studieux planchant sur ses révisions. Il en profite alors pour visiter la chambre à distance. D'un côté, celle-ci semble propre à un amateur de l'école, avec plaqué sur les murs, planisphères et couvertures de livre. Mais le poster de Jean-Jacques Goldman situé au plafond juste au-dessus du lit en dit long sur la passion musicale du jeune belge. Aussi, Robert de son prénom, en haut de son pic, croît apercevoir une légère ouverture à l'autre bout de la chambre, le mystérieux jeune homme semble vouloir cacher un, voire plusieurs secrets. Peut-être est t-il un dealer souhaitant cacher sa précieuse ? Peut-être veut-il masquer ce fardeau qui est d'être fan d'un français ? L'adolescent travaillant paraît plongé dans son bouquin, le livre en main. Il commence à tourner sur son siège puis il lève les yeux. L'on peut alors apercevoir au coin de son œil droit un léger coquard. C'est à ce moment là qu'il décide de se lever et de se diriger vers la pièce mystérieuse... Avant de pénétrer ce lieu des plus secrets, Tanguy - tel est son prénom - vérifie prudemment que personne ne l'observe et place sous sa couette un mannequin en plastique pour simuler la présence d'un être sous les draps. Après avoir discrètement rejoint la porte, le jeune belge ouvre cette dernière par la plus grande des délicatesses possibles.

Lorsqu'il voit soudainement la porte se fermer, notre cher spectateur de la scène, du haut de son point d'observation se lève promptement et se dirige brusquement vers le foyer. Grâce à de gigantesques pas parfois entourloupés par d'énormes bonds nécessaires pour sauter par dessus les buissons enneigés présents tout au long du trajet, Robert arrive en moins de trois minutes devant l'habitat dont il désire pénétrer les lieux !  Il voit alors sur la boite à lettres que le fameux logement appartient à une famille dénommée VANDENHOEGEN. Ensuite, il doit trouver un moyen de se rendre à l'étage, une gouttière présente à deux pas va être nécessaire, il grimpe alors discrètement pour ne pas se faire remarquer et par la fenêtre légèrement entrouverte il rentre. Tout doucement, Robert se dirige vers la fameuse porte et observe le reste de la chambre qu'il ne pouvait distinguer du haut du Mont tout en veillant à rester silencieux. D'une chambre d'étudiant ordinaire de loin, on peut découvrir à une petite distance que cette piaule est en réalité un refuge pour poussière et que l'ouvrage que le jeune parcourait s'agit d'un recueil de photos précieuses liées directement aux derniers enlèvements ayant eu lieu au Nord de la Belgique les mois passés. Cela permet ainsi de comprendre le sens réel des affichages ornant l'ensemble des murs de la pièce. En effet, ces documents géographiques et historiques rassemblés forment une fourmilière d'informations et élaborent un plan des plus diaboliques. Posé sur la table, un second ouvrage explique la manière de fabrication de différentes armes de destruction massive ! Après quelques secondes de réflexion sur les possibles dommages que pourrait engendrer tout cela, notre cher observateur apeuré par ces trouvailles abandonne finalement de se saisir de ces pièces à conviction, étant conscient du risque qu'il prendrait en faisant cela. Il se rend de ce fait près de la porte puis avec une grande prudence, glisse son œil le long de la serrure afin d'observer la fameuse pièce secrète. Il peut ainsi contempler l'ingénieuse structure chimique créée par cette personne encore mineure. Celle-ci présente un gros tube à essai de plus d'un mètre contenant un liquide blanchâtre et très visqueux qui se poursuit dans plusieurs petits canaux qui viennent se rattacher à une machine électronique très peu visible par le trou de la serrure mais semblant être des plus perfectionnées.

Afin de pouvoir mieux examiner cette "chose", Robert fait un pas vers sa gauche mais celui-ci entraîne un grincement du plancher qui génère lui aussi un sursaut de celui qui, pensant bien faire, percute la poignée de la porte. Cela crée un bruit sourd et raisonnant à des mètres et parvient donc ainsi à l'oreille du jeune pensionnaire des lieux. Cette poignée à l'entraxe de fixation de cent quatre-vingt-quinze millimètres en acier inoxydable AISI316 d'une saillie de la béquille de soixante-six millimètres provenant de San Diégo est constituée d'aluminium et de zamak chromés. Son support en biais à quarante-cinq degrés permet une meilleure rotation de cet ensemble de couleur cinabre. La porte quant à elle, de la même couleur que le mur, est recouverte de posters pour toujours mieux la camoufler. Mais à cause d'un mauvais geste, toute la discrétion de ce matériel devient pour notre cher Robert l'élément déclencheur d'un drame imminent. Celui-ci devient irréversible lorsque le doux bruit du verre - des récipients chimiques lorsqu'ils se touchent – cesse. Ce silence est peut-être un signe d'espoir pour notre observateur mais va en réalité lui causer préjudice. En effet, plutôt que d'attendre un nouveau bruit pour s'assurer qu'il n'ait pas d'hallucinations, Tanguy décide de se diriger rapidement vers la sortie de la pièce, un objet à la main. Le visage paralysé du vieux en dit long sur les dernières minutes qu'il s'apprête à passer. Sans aucune arme, il est destiné à s'éclipser de la vie. Il voit alors la poignée se baisser, son destin est scellé.

Cependant, dans une dernière aspiration, Robert tente de passer inaperçu en se réfugiant sous le lit. Mais ce qui fut une cachette dans le passé pour notre adolescent s'avère être l'endroit idéal comme planque pour notre cher être en danger. De ce fait, l'adolescent se roule au sol tel un gymnaste confirmé, saisit le bras du garde-champêtre, dégage le corps encore en vie mais inerte et menace l'homme en pointant le long de son cou un couteau des plus tranchants. Il commence à rapprocher crescendo le couteau qu'il tient entre les mains. C'est alors que le septuagénaire tremblant d'effroi et le souffle saccadé tente de prononcer quelques paroles pour raisonner le jeune adolescent. Malgré le fait que certains mots soient incompréhensibles, on arrive à déceler les grandes lignes de sa défense, les articulations de son discours se centrant régulièrement autour de l'argument principal de sa thèse, le fait qu'il soit père de famille. En effet, ce dernier est père de trois petits bouts, deux filles, et un garçonnet. Veuf, il est seul à élever ses enfants. Honorable père de famille il élève ses enfants seul depuis déjà quelques mois étant donné le décès de sa dulcinée. "Papa poule", jamais l'idée de brusquer ses enfants ne lui viendrait à l'esprit. Être pris de court comme il l'est actuellement est un sentiment plus que nouveau pour lui puisqu'il élève ses enfants comme son tendre père l'élevait. Cependant, il s'était retrouvé une fois dans une situation du même calibre. En effet, un enfant déjà âgé de six à sept années l'avait détenu de la sorte. Pour s'en sortir, il avait dû porter la masse si importante du preneur d'otage, ce poids représentait au total une douzaine de langues de chat ! Une fois dégagé de ce traquenard il put s'en aller et ainsi échapper à une mort certaine ! Mais aujourd'hui, la situation est toute autre, Robert se retrouve face à un individu dangereux formé d'une musculature impressionnante. De son tee-shirt moulant, apparaissent distinctement les formes de ses épaules et de sa poitrine dignes d'un haltérophile professionnel ! Mais juste avant que le compte à rebours lancé dans la tête du vieux  précédant sa tentative d'extirpation des bras de l'adolescent ne se termine, Tanguy choisit finalement de lui laisser un moment de répit en le caressant d'une des manières les plus sensuelles qui soit. Ne voulant pas se faire abuser sexuellement, Robert décide de lancer son attaque, finalement contrée par Tanguy qui, d'un sang froid à en geler une huître, crucifie le vieil homme à bout portant !

L'adolescent doit alors faire disparaître toutes traces pouvant lui porter atteinte puis se débarrasser du corps et du sang qui l'entoure. Tanguy attrape un long sac en plastique posé sur sa table de chevet, comme s'il attendait depuis toujours cet instant. Il enfile le corps à l'intérieur puis se saisit de lingettes rangées dans un tiroir. Lingettes après lingettes, le sang disparaît. Au bout d'une demi-heure de nettoyage permettant de ne distinguer aucune trace d'un quelconque passage, le jeune homme s'empare du cadavre et le glisse dans la pièce secrète. On distingue alors les différents écrans qui sont disposés le long des murs. À ce moment là, il entend sa mère, se met dans son lit et attend qu'elle le réveille. Madame VANDENHOEGEN entre donc dans la chambre, tire la couverture de cet enfant scolairement très en difficulté, sans raison précise aux yeux de ses parents et professeurs. Tanguy simule alors un réveil difficile, dispose ses lunettes sur son nez et prononce un affectueux, "Maman !" puis il se jette dans les bras grands ouverts de sa créatrice.

À l'aube d'une sombre journée d'hiver, le village se réveille, les flocons tombent toujours et les voitures de chacun et chacune du village sont ensevelis par des couches de neiges avoisinant par endroit les trois mètres ! Tandis que peu à peu les adultes rejoignent comme ils le peuvent leur lieu de travail, le jeune Tanguy essaye d'aguicher une vieille dame. Si il lui procure ses services, la douairière lui promet de lui passer l'argent dont il a besoin, cette monnaie servirait alors pour s'acheter des explosifs. La vieille "morue" comme il l'appelle, le prend donc au niveau du fessier et l'emmène dans sa grande demeure. Arrivé dans le hall de la plus grande maison du village, Tanguy simule de l'admiration pour cette acquisition. En effet, la vieille n'habite les lieux que depuis deux semaines. Le garçon, sous les ordres de sa cliente, se déshabille et l'acte commence. Il simule aussi dès lors un profond sentiment de jouissance. La vieille dame n'en étant pas à une de ses premières, est surprise que la sauce n'arrive pas. Personne auparavant ne lui avait résisté. Excitée, elle double la récompense. Le jeune, sur le coup, lâche d'un jet tout ce qu'il a dans le tuyau. Grâce à cette performance digne des plus grands, Tanguy est sur le point de pouvoir se procurer non pas douze explosifs mais bien le double, vingt-quatre ! Satisfaite, la vieille tient sa promesse et glisse dans le sac du jeune belge une liasse de billets. Le jeune, les billets en poche, prend aussitôt la direction d'une des fabriques d'armes, la plus proche, les alentours de la ville étant les lieux majeurs de production de la poudre à explosifs de tout le pays. Il sort les billets, et embarque avec envie son carton déjà préparé ! Se retournant sans cesse afin d'être certain de ne pas être suivi, l'avancée du jeune homme est lente et saccadée. Le carton sur l'épaule droite, Tanguy semble souffrir du poids des quelques kilogrammes de poudres présents dans son carton. Au bout d'un peu plus de trois heures de marche, il arrive enfin devant chez lui, la fabrique étant pourtant située à seulement six kilomètres de Waremmes. D'un air guindé, il arrive à son logis. Sa mère, sur le palier, le voit lentement s'approcher mais ne remarque rien. Il entre et s'empresse de grimper les quelques marches d'escalier qui le séparent de l'étage et enfin, il s'écroule sur son lit. Il ne doit pas perdre de temps et cacher sans attendre ses achats. Sa mère qui l'élève d'une façon si puritaine, si elle voit ça, ne pourrait s'empêcher de dénoncer son fils aux forces de l'ordre sans même imaginer comment elle réagirait voyant son fils rejoindre le terrorisme.

Depuis plus d'un an, le garçon vit clandestinement une activité directement liée au groupe terroriste Belçika-Türk terör örgütü (Groupe terroriste belgo-turc dont le sigle ultra secret est ßπo) comme l'on peut le voir sur nombre des papiers qui hantent la chambre du jeune homme. À partir de ce moment, c'est un vaste réseau sous-terrain qui se fonde, et le départ se fait de la pièce secrète. L'on retrouve même parfois sur une étiquette dans le coin en bas à droite de certains posters les initiales AQ se reportant au groupe de terrorisme le plus développé du globe, Al-Qaïda. Après un temps de repos, il accède au fameux lieu, et attrape les quelques dossiers sur ses futurs complots. Il les assemble et on aperçoit alors que ces derniers forment en réalité un plan ingénieux sur les prochains attentats qu'il prépare. Arrive alors du tunnel sous-terrain un homme barbu sans doute maghrébin qui souhaite rejoindre le mouvement. Tanguy a été choisi pour le former du fait de sa grande expérience. Sans attendre, il forme au combat cet homme de trente-neuf ans ayant pourtant acquis le diplôme terroriste récemment. En deux temps trois mouvements, l'homme réalise une clé de bras à notre expert. Bien qu'elle soit contrée, le début est assez concluant. Après près de trois heures d'un intense entraînement, les deux acolytes se séparent, Tanguy ayant rendez-vous chez son dentiste particulier Hassad Al-CHEIKHOURY, médecin officiel des membres du ßπo pour lui montrer ses dents infectées par les herbes qu'il fume. Une anesthésie générale plus tard, il se réveille les dents toutes neuves pour la treizième fois en cinq mois.

De retour dans sa chambre, Tanguy allume la petite télévision près de la fenêtre quand il s'arrête sur la troisième chaîne où les news de dix-huit heures annoncent la disparition à Waremmes du garde champêtre, signalée par ses enfants. D'un sourire malicieux il reprend ses activités. Une chose est sure, il est déterminé, un attentat est imminent ! Rassemblant des grains de poudre par capsules de quinze grammes de consistance et y liant trois gouttes de son produit chimique pour chaque mélange, Tanguy prépare un événement ne pouvant avoir lieu plus de cinq heures plus tard. Une idée lui vient soudainement à l'esprit, celle de faire exploser ses explosifs au sommet du Mont Kenny, la police devant chercher le corps du garde-champêtre, c'est une occasion qui arrive à point nommé pour Tanguy, mais il doit d'autant plus se dépêcher et être des plus discrets pour ne pas être vu. Il décide alors pour passer inaperçu de contourner la colline en passant par le sommet le plus proche, le Mont Daivd où il va improviser son plan. Muni d'un gros feutre noir, il gribouille sur une feuille une stratégie de déplacement puis se la remémore. Il ne veut épargner aucun des chercheurs du corps afin de marquer anonymement les esprits.

Il se dirige de ce fait vers son premier point où il dépose une botte de trois explosifs. Il répète cette opération de plus en plus risquée car il se rapproche des chercheurs. Par une précision chirurgicale, Tanguy dispose une dizaine de bottes d'explosifs autour du lieu de recherche, décidément doué pour effectuer ce type d'opérations. Une fois la zone bien encadrée, le jeune belge rejoint le Mont Daivd, s'installe à plat ventre sur le haut de la colline puis déclenche le tout. C'est alors qu'une large flamme recouvre le Mont Kenny et fait exploser tout ce qui est situé autour. La neige accumulée depuis des mois se détache alors du sommet, entraînant une coulée de neige, ceci déclenchant une avalanche dévastatrice accompagnée de rochers de près de cinq mètres carrées retombant dans le haut du village, ce qui cause quelques dégâts matériels et la mort de dizaines de personnes supplémentaires. L'auteur de cette attaque ayant parfaitement exécuté son coup, il avait pris auparavant soin que l'avalanche se stoppe à quelques pas de sa demeure afin que se famille ne soit pas touchée. Tellement son travail est minutieux, il a déjà été contacté pour devenir chef d'une armée spécialisée dans les grands attentats. Il doit d'ailleurs se rendre en Afghanistan dans deux jours ! Après s'être assuré que personne ne l'ai remarqué, Tanguy redescend le Mont Daivd et retourne chez lui. Croisant sa mère dans les escaliers, il feint d'avoir été terrorisé par l'accident qui vient d'avoir lieu. Il rejoint alors immédiatement la pièce secrète où il sait qu'une lettre posée sur son bureau l'attend.

Au lieu d'une lettre, un bout de papier froissé est disposé sur le bureau, le récent changement de secrétaire faisant ressentir ses effets. Écrit à l'encre auto-destructible, ce message indique le lieu et la date à laquelle l'avion arrivera. Ce message bien entendu codé précise l'arrivée du jet à précisément onze heures neuf, le seize novembre. Le jeune garçon se saisit d'un agenda placé dans sa poche et écrit de manière abrégée les indications du papier. Il se repositionne sur son poste de travail et examine l'évolution de son produit. Son produit d'une nuance verte il y a quelques heures s'est transformé en un liquide formant une chaîne transversale d'une couleur orangée. Aucune "chose" semblable n'a été observée auparavant. Produisant un bruit permanent, l'engin utilisé est recouvert de pastilles qui camouflent l'ensemble afin que le son ne se propage pas à l'extérieur de la pièce. Équipé d'une sonde perfectionnée, Tanguy mesure différents paramètres du liquide qui goutte dans un seau. Ayant fait un stage de chimie de deux jours la semaine passée dans l'institut spécialisée du ßπo, le jeune homme est en capacité de conclure lui-même sur les capacités de son "bijou". Alors qu'il s'apprête à quitter la pièce au vu de l'heure tardive, Tanguy reçoit un appel sur son téléphone particulier situé à l'extrémité de l'endroit. Comme pour chaque transmission de message vocal, l'appareil sonne deux fois puis un message est laissé par l'homme à l'autre bout du fil. Étonnamment, il s'agit là d'une voix féminine, ce que Tanguy  a peu l'habitude d'entendre lorsqu'il communique avec son groupe. La jeune femme se présente, elle se nomme Samira BOUZELTAM. Il s'agit de la dernière recrue du commando envoyé en Afghanistan par le ßπo. Âgée d'une vingtaine d'années, elle est spécialisée dans la balistique. Sa voix, légèrement acidulée et qui lui glace l'épiderme, le charge de récupérer un colis au centre balistique du ßπo le lendemain vers onze heures. Afin de préparer sa journée suivante dans les meilleures conditions, Tanguy se couche peu après l'appel. Songeant à ces prochains jours où la vie pourrait lui passer entre les mains, il fixe le plafond de sa chambre, où une image de son guide est présente, longuement.

C'est à la vue de son idole de toujours aux initiales OBL que le terroriste s'endort. Un sentiment de fierté se lit alors sur son visage, et après quelques minutes de somnolence, sa bouche s'ouvre et en arabe, il s'exprime d'une manière compréhensible par tous : Suivez vos rêves et vos croyances, ils vous mèneront vers les pas des plus grands. Puis il s'endort et cite en continue «Allah Akbar», ce qui signifie «Dieu est plus grand».

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MessageSujet: Re: Journal d'un terroriste   Dim 27 Avr - 20:06

Trop long mais bien rédigé Smile

Bravo Smile
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Chamois
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MessageSujet: Re: Journal d'un terroriste   Lun 28 Avr - 19:27

Partie 2 # 15 novembre

Nous sommes à l'aube du quinzième jour de novembre, il est cinq heure cinquante-cinq lorsque la sonnerie du réveil du jeune VANDENHOEGEN retentit. Le jeune homme sait qu'une longue journée l'attend. Tout d'abord, il a rendez-vous à sept heures et demi à l'autre bout du village pour récupérer de nouveaux équipements brodés au nom du groupe terroriste dont il aura nécessairement besoin en Afghanistan. Alfred VAN THUYKEN, son supérieur hiérarchique a fait une commande d'une trentaine de vestes afin d'habiller l'entièreté du groupe belge intervenant en Afghanistan dans cette mission regroupant des représentants turcs, belges et éthiopiens du ßπo. Tanguy est donc chargé de récupérer le lot de vêtements. Puis il a rendez-vous à onze heures à trois kilomètres de là pour récupérer ce dont l'a chargé la jeune Samira la veille au centre balistique. Il doit ensuite ramener par le tunnel souterrain de neuf cent mètres la machine présente dans la fameuse pièce secrète afin de s'assurer qu'elle soit gardée en sécurité en attendant le retour du garçon. Enfin, Tanguy est attendu pour dix-sept heures trente dans la boutique du groupe située à plus de cinq kilomètres de chez lui afin d'y récupérer la majorité du matériel militaire destiné à être emmené pour la mission. Il ne restera plus qu'à finaliser les derniers détails du départ en Afghanistan et à rassembler toutes les affaires indispensables dans un minimum de sacs les plus discrets possibles.

Pour les préparatifs du voyage, Tanguy se voit encore une fois obligé de trouver des excuses auprès de l'école et de ses parents afin de ne pas avoir de problèmes par rapport aux cours, le garçon ayant déjà été absent trente-deux jours de cours sur les quarante-cinq ayant eu lieu. Le jeune homme se saisit de ce fait de deux petits papiers. Sur l'un, il gribouille quelques mots pour sa mère prétextant avoir trouvé sa vraie voie, lui disant même que sa maladie n'était que créée par ses soins, et après plus de vingts-cinq lignes d'une écriture des plus émouvantes, il s'excuse et lui demande de ne pas s’inquiéter pour lui et lui dit qu'il reviendra. On découvre une autre facette de notre héros, malgré le mal qu'il fait, sa famille compte énormément à ses yeux. Sur l'autre, il s'excuse auprès de ses professeurs de son manque de présence et annonce une longue absence à venir en l'expliquant par un changement d'orientation professionnelle qui va certainement lui faire arrêter l'école à dix-sept ans.

Ensuite, ne s'étant pas décrassé depuis l'avant-veille, Tanguy décide de se faire couler un bain plus que mérité, on entrevoit ainsi le corps d'athlète du jeune homme. Après un repos de quelques dix minutes dans la baignoire, il décide enfin de se saisir du shampoing, et sensuellement il se malaxe le peu de cheveux qui sont présents sur son crâne, la mousse se propage et va même jusqu'à glisser au long de son corps musclé. C'est au tour de sa peau noircie par la saleté d'être lavée, il se lève alors et se saisit du gel douche. Une fois le savon étalé sur toute sa chair, il prend le tuyau et s'asperge d'eau, ce dernier, par le biais de centaines de gouttelettes ruisselantes, permet de se débarrasser de la mousse qui se retrouve alors flottant au dessus de l'eau impure du bain. Puis il sort de celui-ci, s'empare d'une serviette de plage et se roule dedans afin de sécher avec un agréable sentiment de chaleur, l'eau est alors épongée et tout sec, notre jeune homme ouvre la porte de la salle de bain, jette un discret coup d'œil et court jusqu'à sa chambre où il pourra ainsi s'habiller. En effet, par pression, il ne s'est pas rendu compte qu'il a oublié de prendre ses vêtements avec lui.

À six heures et demi, Tanguy est fin prêt. Il va devoir traverser le village enseveli par la neige pour récupérer la commande d'équipements vestimentaires du groupe. Il entreprend alors un périlleux trajet, les chemins étant recouverts d'une neige boueuse et les endroits les plus découverts prenant l'allure d'une patinoire impossible à traverser. Pour éviter une humiliante mise à quatre pattes, Tanguy se colle le long du trottoir, l'endroit le moins glissant de la chaussée et coulisse le long de la route. Étant parti en avance, le jeune homme a le temps de faire ce type de manipulations pour éviter tout risque de chute. Après un long effort, il arrive enfin à destination, entre dans la boutique et une fois les cartons vendus par le vendeur et toujours prudemment il fait le chemin inverse, avec ce poids supplémentaire, rester en équilibre devient rare, mais après quelques hésitations, il est de retour au bercail en n'ayant mis le genou à terre seulement une seule et petite fois.

A présent, Tanguy attend patiemment avant d'aller à son rendez-vous de onze heures au centre balistique. Marcheur confirmé, il décide de ne pas partir trop tôt mais juste suffisamment pour ne pas être en retard, et en prenant compte de la neige. Dans sa chambre, il s'empare d'un récipient et récupère un échantillon de sa solution ne pouvant amener l'intégralité de sa machine en Asie Centrale. Après quelques minutes de rangement, le belge regarde son horloge : elle affiche dix heures. Le garçon quitte les lieux, un nouveau sac dans le dos. Il doit se dépêcher, trois kilomètres doivent être parcourus à pied dans la neige et en moins d'une heure. Tanguy se motive et avale quelques vitamines avant de jeter le petit pot dans une poubelle et de se lancer dans son parcours. Tout le long du trajet, il fredonne différents airs de son guide musical, on entend parfois même «bonne bonne bonne» ou encore «il suffira d'un signe». Mais celle qu'il préfère écouter plus que toute autre est «là-bas». Lorsqu'il l'écoute, il pense à son futur voyage en Afghanistan. Mais il doit veiller à ne pas se piéger, chanter une chanson d'un chanteur et parolier français est un crime à Waremme, et le risque d'être assassiné s'il y est entendu est énorme. C'est d'ailleurs pour cela que le jeune belge emprunte le chemin le moins utilisé pour se déplacer. Au bout d'une cinquantaine de minutes de marche, Tanguy arrive enfin devant le centre balistique du ßπo. Là-bas il prépare le matériel dont il a besoin, aucune restriction ne lui est imposée tant le groupe est imposant et riche. Il relit le morceau de papier où il a indiqué la veille ce que lui recommandait sa coéquipière. En quinze minutes, l'expert a fait son choix et repart le sac plein. Sur le chemin du retour, Tanguy marche d'un air convaincu et d'un pas décidé quand soudain, un jeune de l'âge de notre héros lui sourit du coin de la bouche, et lui lance un «Salut», auquel il répond par un «Hay». Tanguy énervé surveille régulièrement l'heure mais lorsque son camarade François lui parle de ses soucis familiaux, le jeune garçon cesse de regarder sa montre. Les minutes défilent. Il se rend alors compte qu'il est en train de prendre du retard dans son programme et annonce à son compagnon de discussion qu'il doit se presser et partir. François se dispose donc pour faire une bise d'au revoir à Tanguy mais celui-ci ayant perdu toute humanité le met à terre par réflexe d'une adresse phénoménale. Le garçon cloué au sol est choqué mais risquant d'être en retard, notre jeune terroriste n'a le temps que de lui glisser un léger pardon avant de partir promptement de cet endroit par une course soutenue mais endurante afin de rejoindre au plus vite son gîte.

Il reste quatre heures trente au jeune homme pour ramener sa machine au point de rassemblement puis se diriger vers la boutique à plus de cinq kilomètres de là afin de récupérer le reste du matériel militaire nécessaire pour la mission afghane. Une course contre-la-montre débute ainsi pour le garçon qui se doit tout de même d'être le plus délicat possible dans le déplacement de l'engin très perfectionné, dangereux et fragile. Le jeune VANDENHOEGEN réapparait auprès de sa mère ayant pris soin de lui préparer une gamelle qu'il dévore aussitôt. Puis il court dans sa chambre et accède à la pièce mystérieuse, le stress montant peu à peu en lui. Sans perdre de temps il glisse prudemment la machine dans le tunnel souterrain. Il débranche tous les câbles qui sont reliés à l'appareil, puis d'un geste tel Hercule sait le faire, il le lève et le dispose sur une planche à roulettes spécialement confectionnée pour l'événement par le plus grand ébéniste du pays, alliant vitesse, aérodynamisme et fluidité pour plus de facilité de transport. Il glisse alors l'ensemble dans le tunnel souterrain avec une prudence digne des plus grands. La planche fait un malheur. Au bout de quelques dizaines de mètres d'avancée, un homme d'une trentaine d'années vient l'aider à pousser le convoi. La répartition des forces exercées par les deux terroristes devant se faire dans l'harmonie la plus complète, le jeune homme développe un algorithme de tête afin de se répartir les rôles pour plus de rapidité. Ainsi, il est treize heures quarante-cinq lorsque les deux compères fixent la machine sur son socle de stockage au quartier général. Satisfait de cette incroyable performance, Tanguy se retrouve largement dans les temps pour effectuer le reste d'opérations qui hantent son planning.

En avance sur les horaires qu'il avait prévu, il décide de rester au quartier général afin d'écouter les dernières nouveautés et les prochains raids organisés et minutieusement préparés par la haute société du terrorisme. Une conférence est en ce moment-même donnée par un des maîtres belges du groupe. Une personne manquant à l'appel, le Belge est désigné pour une mission d'un quart d'heure dans le centre d'un village voisin. Il orchestre alors le complot du fait de son expérience. Une mission qui vient à pic pour se débarrasser de son temps libre. Encore sous le choc du récent attentat, les villageois ne sortent plus de chez eux. La présence forte de forces de l'ordre aux alentours ne perturbe en aucun cas les terroristes qui s'amusent même de cette situation. Ils partent donc rejoindre le petit village d'à côté où personne ne les attend. Une dizaine de kilomètres est à parcourir pour y accéder mais les rails internes du souterrain permettent de les traverser en moins de huit minutes. Une fois arrivé à Heers, le village ciblé, le groupe se disperse en deux points stratégiques. Pour motiver les troupes, un des militants donne à chacun des participants de la mission une papillote où sont présents des pétards. Ensemble ces pétards résonnent, le début de la mission est lancé. Le premier travail d'équipe de Tanguy commence par la même occasion. Avec une organisation sans faille et par des gestes millimétrés, les cinq membres d'élite de l'équipe composant cette mission bourrent d'explosifs l'église au cœur du hameau. Cependant, leur plan ne s'arrête pas là. Avant de tout faire sauter, ils prennent soin de rassembler le plus de personnes près de l'église, la deuxième unité d'intervention intervient alors en civil. A cette heure où le marché est en ébullition, simuler la présence d'un individu de renommée dans l'église n'est pas difficile. Une centaine de personnes se précipite vers le lieu sacré, les terroristes ayant avancé quelques voitures noires luxueuses devant l'église pour que leur combine soit efficace. Un cortège de dix personnes exactement se dirige vers un lieu secret situé hors de portée de l'église, ce sont nos poseurs de bombes. Ils avaient placé non loin du monument religieux quelques caméras qui servent désormais à pouvoir déclencher le bombardement lorsque le plus de personnes est présent. Les touristes curieux s'amassent autour de cet endroit, c'est le moment de lancer les hostilités. C'est Tanguy qui se lance le premier et déclenche quelques explosions. Ses compagnons appuient à leur tour sur le bouton rouge de leur commande et le centre du village part en fumée. Un merveilleux feu d'artifice couronne ce chef d'œuvre terroriste. On peut désormais apercevoir une ruine accompagnée de bouts de chair de différentes personnes présentes sur les lieux au moment de l'explosion. Sous l'amas de cailloux qui recouvre l'ensemble, l'on retrouve une centaine de cadavres décapités impossibles à identifier. C'est alors que retentissent au loin les sirènes des pompiers et des policiers. Il est temps pour les membres du ßπo de rentrer au quartier général. À la manières des plus grands mannequins, les anticonformistes se dirigent vers le domicile qui accueille l'antre des tunnels sous-terrains du ßπo. Le retour se fait dans la joie la plus extrême où retentissent les «Hourras».

Il est quinze heures quinze, l'heure pour Tanguy de retrouver sa chambre. Il parcoure les neuf cent mètres du tunnel en quelques minutes puis refait surface dans la pièce secrète. C'est là qu'il s'attèle à la préparation de son sac, ne trouvant pas ce dernier, il cherche de longues minutes, tous les recoins de cette étroit endroit sont retournés, c'est alors qu'il se rend compte qu'en dessous du défunt est présente sa besace. En voyant le corps, Tanguy se dit qu'il l'amènera ce soir même au cimetière souterrain où sont regroupés tous les cadavres individuels assassinés par les membres du ßπo. Il note cette tâche sur son bout de papier en y liant une heure, vingt-trois heures trente précisément. Il déverse alors tout le contenu du paquet précédemment obtenu au centre balistique dans son contenant marqué TH. Voyant son délaissement envers celle qui l'a mis au monde, Tanguy décide de passer quelques minutes avec. Madame VANDENHOEGEN un peu perdue par rapport aux activités de son fils et ravie de pouvoir passer quelques instants à ses côtés, se doutant que ces moments seront de plus en plus rares à l'avenir. La mère de famille se souciant pour son fils lui demande ce qu'il se passe ces derniers temps, Tanguy gêné lui rétorque qu'il préfère rester seul ces temps-ci mais que son amour pour elle reste inébranlable et qu'elle sera toujours la femme de sa vie sans oublier l'époque où il dormait sous les couvertures avec sa mère qui restera à jamais gravée dans sa mémoire.

Il est quinze heures quarante-cinq lorsque le garçon quitte sa mère pour rejoindre à nouveau sa chambre. Et c'est parti pour un voyage d'une heure et demi. Au programme, trois cols à franchir pour effectuer les cinq kilomètres séparant le logis du jeune Tanguy et la boutique du ßπo où il doit aller chercher nombre d'armes. Muni de deux larges sacs, l'aventurier fait face à un terrible vent rejetant dans ses yeux la neige étendue sur le sol. Découlent de ses yeux usés par le vent de larges gouttes qui rendent encore plus compliquée l'avancée du garçon. Tanguy, plus courageux que jamais augmente la cadence pour avancer encore plus vite, saisissant dans la poche arrière de son sac une cagoule qu'il enfile immédiatement pour recouvrir son visage. L'on ne distingue à travers ce recouvre-tête plus que ses yeux d'un marron très sombre et une partie de sa bouche laissant deviner des dents serrées pour résister à la force du vent. L'homme avale peu à peu les kilomètres, il grimpe avec une sérénité certaine les monts et vient à bout des trois terribles cols fatigué mais assurément motivé à en finir de ce trajet. Il est dix-sept heures vingt lorsque le garçon atteint enfin le fameuse boutique. Une soixantaine d'armes sont exposées sur le comptoir toutes plus ou moins longues. Tanguy décide de prendre les plus performantes, parmi celles-ci plusieurs kalachnikov dont un AK-47, et plusieurs explosifs. Voyant aussi plusieurs revolvers, il décide de s'en procurer quelques uns comme armes de secours. Tanguy remplit peu à peu ses deux sacs grâce à un rangement efficace des armes par ordre de taille. Malgré son jeune âge, le garçon sort de sa poche la carte du ßπo grâce à laquelle il règle la facture. Le garçon entreprend à présent le chemin du retour, plus facile grâce au vent dans le dos mais chargé de sacs très lourds. Au sommet d'un col, il prend le temps d'aller se rafraîchir les idées grâce à une bonne bière belge dans un bar situé sur son chemin. Cette délicieuse bière blonde lui rappelle les choucroutes familiales tant elle lui évoque de bons souvenirs. De sortie du bar, il n'oublie pas de remercier le propriétaire pour l'heureux et court moment qu'il vient de passer. Puis, au bout de deux heures de marche, il rentre discrètement chez lui afin de n'être vu par personne, s'étant auparavant assuré que sa mère ne serait pas à la maison à cette heure-ci. Il ne reste plus au jeune homme qu'à déposer les sacs pleins d'armes dans le tunnel, son élève de trente-neuf ans étant chargé de les ramener ensuite au quartier général puis de les fournir au conducteur de l'avion qui transportera le lendemain les deux terroristes vers l'Afghanistan pour un voyage d'une dizaine d'heures.

En attendant que la nuit tombe et que Waremme s'endorme progressivement, Tanguy, épuisé de sa longue journée, allume la radio située au-dessus de son lit et écoute le récit par un jeune journaliste des événements de la journée à Heers et de l'évolution de la situation dans le hameau du terroriste. Il se saisit alors de son téléphone mobile de dernière génération, entouré d’aluminium recouvrant lui même une épaisse couche de Kevlar, ce dernier résiste à tous chocs ou à l'eau. Spécialement conçu par l'agence pour ses membres, cela permet des économies lors des grandes missions puisqu'il est indestructible. Ensuite, il compose un numéro commençant par le 00 93 étant l'indicatif téléphonique afghan. Alfred est à l'autre bout du fil, c'est le chef de Tanguy. Le jeune garçon l'appelle pour lui faire part de son proche départ et pour régler les derniers détails concernant le voyage. La discussion dure près d'une heure pendant laquelle les deux hommes se mettent d'accord sur chaque point. VAN THUYKEN conclut par souhaiter un bon voyage à son soldat et lui donne rendez-vous le lendemain en Afghanistan.

Il est vingt et une heure trente lorsque le garçon raccroche son téléphone. Il décide d'allumer sa console de jeu et de jouer au jeu de guerre le plus huppé du moment : «Terrorism War». Il joue une heure et remporte les sept parties en ligne auxquelles il participe. Avec un ratio de plus de 34,6, il améliore ainsi le record du jeu. Peu adepte des jeux vidéos, il manie cependant la manette à la perfection lorsqu'il s'agit de se battre. Le jeune homme s'assure enfin que sa mère dorme afin qu'elle ne remarque pas sa sortie. Pour ceci, il se dirige vers la porte de la chambre de cette dernière. Il s'assure d'entendre les habituels ronflements puis retourne dans la pièce secrète.

C'est lorsqu'il revient dans la pièce l'heure de transporter le cadavre dans le cimetière, situé dans les souterrains du ßπo. Pour s'y rendre, rien de plus simple, il suffit simplement au lieu de prendre par la gauche, qui est la direction du quartier général, d'aller vers la droite, où sont exposés ballons et confettis signifiants l'entrée même de la fosse dédiée aux assassinés par tous les terroristes de la région. Pour montrer la joie que représente chaque décès des ballons très colorés ont ainsi été choisis ! Il se sépare alors du corps du défunt et le jette d'un mouvement brusque au sommet de la pyramide de corps. Ainsi sa victoire triomphante est exposée. Puis pendant les quelques minutes qui suivent, il suit le rituel et se recueille devant les tas d'hommes inertes. Alors qu'il s'apprête à repartir, il voit au loin une ombre transportant difficilement un sac, le trainant au sol telle une très lourde charge. Tanguy se rapproche de la personne en difficulté qui n'est autre que Freddy CAESENS, l'homme qui a recruté l'an passé notre jeune héros. Ravi de le revoir, l'homme accepte l'aide du jeune belge et les deux hommes jettent ainsi dans le gouffre les deux corps qui remplissaient le sac porté jusque là. Les deux jeunes gens discutent quelques minutes au sujet de la mission que vient d'effectuer Freddy qui revient de trois mois passés au Pérou tandis que Tanguy raconte son prochain voyage en Afghanistan et ses récentes actions. Il est près de minuit lorsqu'ils se quittent, le garçon ne devant pas trop tarder à aller se coucher du fait de son départ dès l'aube pour l'Afghanistan le lendemain. L'ancien maître de Tanguy lui confie alors qu'il est certain que notre jeune belge réussira et lui souhaite une bonne mission. Puis il se retourne et avant de se diriger vers son dortoir, il passe par le quartier général du ßπo où il grave sur le sol à l'aide d'une pierre une phrase qui à jamais restera dans les mémoires. On aperçoit au fur et à mesure les différentes lettres qui forment le dicton du jeune homme. Il souffle alors de soulagement et se relève. Il est désormais visible : «Tenter est un risque, certes, mais ne rien faire est un crime».

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MessageSujet: Re: Journal d'un terroriste   Lun 28 Avr - 19:36

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Gélule

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MessageSujet: Re: Journal d'un terroriste   Lun 28 Avr - 19:57

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MessageSujet: Re: Journal d'un terroriste   Mar 29 Avr - 20:31

Partie 3 # 16 Novembre

Ça y est ! C'est le grand jour pour Tanguy, le jour du départ. Nous sommes le seize novembre, il est cinq heures lorsque retentit l'alarme du réveil du jeune belge déjà à moitié réveillé, tout excité de pouvoir enfin partir en mission, ce dont il rêve depuis si longtemps. Il a rendez-vous derrière le quartier général à six heures où deux avions sont stationnés en l'attente de pouvoir transporter Tanguy, Fabrice (son élève de trente-neuf ans) dans le premier et le duo Samira – Axel dans le second bien évidemment accompagnés de leur pilote. En attendant, il faut pour le jeune homme rédiger une lettre à sa mère pour lui annoncer son départ, la rassurer et la consoler verbalement. Puis, le garçon doit rassembler ses affaires, finaliser le contenu de son sac et se préparer à partir.

Il commence donc à écrire quelques mots sur une feuille blanche. Appliqué, il essaie de mettre en avant l'importance de ce départ pour sa carrière sans en énoncer le moindre aspect. Il ne communique en effet aucune date, aucun lieu, aucun renseignement sur le but du voyage. Il indique simplement à sa mère que cela est indispensable pour son avenir, qu'il a besoin de cela et qu'il ne faut pas qu'elle s'inquiète, il ne court soi-disant aucun danger et promet un retour prochain. Il ajoute qu'il donnera de temps en temps des nouvelles mais qu'elle ne doit pas s'attendre à en recevoir tous les jours. Après avoir écrit quelques douceurs attentionnées envers sa mère, le garçon glisse le morceau de papier dans sa poche, papier qu'il posera ensuite sur la table du salon juste avant son départ.

Tanguy engloutit ensuite en trois bouchées son petit-déjeuner et file dans sa chambre se vêtir et terminer la préparation de son sac commencée la veille au soir. Tanguy, sachant qu'une certaine Samira serait présente se met sur son trente-et-un, mais comme l'a précisé le ßπo, la tenue de l'association est exigée, en effet, en Afghanistan une personne est reconnue grâce à sa tenue vestimentaire, notre jeune Belge doit donc être vêtu d'un ensemble à une pièce couleur kaki à l'effigie de la plus haute société du terrorisme. Il enfile alors la tenue, commençant par passer ses pieds dans les ouvertures prévues à cet effet, il entre alors ses mains dans les manches et par un mouvement vers l'avant rabat le tout du vêtement pour fermer ce dernier. C'est après ceci qu'il va se nettoyer le visage et enfin se coiffer, il mouille alors ses courts cheveux puis après avoir ouvert le pot de gel il prend dans ses deux mains deux énormes poignées remplies de la texture gluante qui forme le gel. Ensuite, il le dispose sur son crane et se dresse les cheveux, comme de l'herbe dans une clairière mongole qui est si belle grâce à la fraîcheur du climat !

Une fois satisfait de son physique éclatant, Tanguy rejoint sa chambre puis franchit la porte secrète. Emplit d'émotions, le garçon se tient devant l'ouverture lui permettant de rejoindre le tunnel souterrain. Ayant pris soin de ne rien oublier et ayant auparavant déposé le papier dédié à sa mère dans le salon, Tanguy franchit la frontière entre la pièce mystérieuse et le fameux souterrain. Il est cinq heure quarante, l'heure de rejoindre le quartier général pour se rendre à l'avion. C'est le moment de vérité, une larme de tristesse coule le long de sa joue mais la joie de la mission à accomplir reprend le dessus sur le doux visage du garçon. Ainsi, il parcourt d'un pas décidé les neuf cent mètres qui le séparent du quartier général. Il traverse le QG puis sort par la porte de derrière rejoindre l'avion, pour ne pas perdre de temps, l'appareil se met en route avant de décoller. Il est pile dans les temps tandis que ses compagnons sont déjà prêts à partir. Il s'introduit dans l'engin et salue son camarade au passage. Il boucle alors sa ceinture et, déçu de ne pas avoir eu le temps de baiser la belle Samira, Tanguy devient rêveur lorsque l'appareil s'envole.

C'est parti pour une petite dizaine d'heures de vol pendant laquelle de nombreux pays vont être survolés. Le trajet initial pour rejoindre Kaboul est censé ne durer que cinq petites heures mais afin d'éviter tout contrôle aérien et afin de récupérer en vol les membres turcs et éthiopiens de l'équipe, de larges détours sont effectués par les pilotes. Installé confortablement sur les fauteuils en cuir récemment achetés par l'enseigne au profit de ses vaillants soldats, Tanguy tire de son sac un plan récupéré la veille au quartier général. Il l'examine avec attention puis s'adresse à Fabrice. Il gribouille par la même occasion le chemin que vont prendre nos deux jets afin de se rendre dans le pays en guerre. Pour ce faire, il faut éviter de survoler l'Allemagne ou la France. Quinze pays sont ainsi amenés à être survolés dans ce périple pour arriver à destination. Le garçon commence par tracer un trait droit entre la Belgique et l'Afghanistan pour pouvoir se rendre compte ensuite le plus clairement possible des détours effectués. Au fil des heures, l'avion progresse dans le ciel pour rejoindre l'Asie Centrale en parcourant l'Europe et une légère partie de l'Afrique. Attentif au moindre indice spatial, Tanguy poursuit son trait au fur et à mesure. L'on peut alors voir sur la carte le trajet précis réalisé par les véhicules.

Outre la Belgique, le premier pays traversé par les terroristes belges est le Royaume des Bataves orangés, comme le surnomme notre jeune héros, c'est-à-dire les Pays-Bas. C'est ensuite au tour du Danemark d'être survolé par nos fameux complices. Il faut maintenant pour les deux appareils aériens se diriger vers la Turquie en traversant du Nord au Sud l'Europe. Pour cela, les avions survolent la Pologne puis l'Ukraine, deux pays très vastes dont la traversée prend plusieurs dizaines de minutes. Les deux jets passent ensuite par la Roumanie et la Bulgarie, où d'au-dessus des nuages, Tanguy devine les courbes du paysage. Ces deux pays ayant un couloir aérien très chargé, les pilotes des deux jets veillent à ne rencontrer aucun engin à moins de cinq cent mètres de distance. Après de longues minutes à traverser la Mer Rouge, c'est au tour de la Turquie d'être survolée, deux autres aéronefs doivent alors les rejoindre. L'entrée en Turquie est imminente, on aperçoit la terre au loin, notre jeune crie alors de joie : «Terre en vue !». Deux minutes plus tard, ils sont en train de survoler le pays à la forme rectangulaire. C'est au fin fond de la Turquie, après avoir vu passer lacs et déserts que derrière une abrupte falaise, surgissent, tel des commandos de l'US Navy, deux énormes engins. C'est sans aucun doute les deux appareils attendus par nos terroristes. On voit alors l’aéronef se rapprocher de celui emprunté par Tanguy, mais en réalité, l'avion turc est en train de ralentir afin de former une ligne de quatre «voitures de l'air». Le regroupement a lieu à Görmeli, la ville proche de la mer permet de voir les bolides formant une rangée à la sortie du pays. A la manière des français lors de leurs démonstrations aériennes, les conducteurs s'amusent avec leurs appareils ce qui n'est pas de tout repos pour les passagers.

Le temps passe si vite qu'il est déjà l'heure de survoler l'Égypte, le pays au paysage désertique magnifique attire les convoitises et les regards de tous les passagers. Voyant tour à tour passer pyramides et petits villages autour du Nil, ils rentrent alors en Arabie Saoudite, où ils évitent de justesse et grâce à une maîtrise impensable, un contrôle aérien. Le paysage totalement désertique par endroit est aussi une terre d'agriculture à d'autres, en effet, avec d'immenses terres qui forment des cercles fertiles, l'agriculture est plus que possible à cet endroit. Les quatre avions dévient alors légèrement leur trajectoire pour profiter des monstrueux paysages proches de la zone qu'ils survolent actuellement, les voilà donc aux Émirats Arabes Unis, terre où le pétrole fleurit tel que les marguerites en Europe. Ce passage qui se veut à l'origine furtif est alors mouvementé, en effet, deux avions de chasse se mettent à la trousse de nos quatre énormes engins. Malgré la masse conséquente des quatre appareils, qui les ralentit fortement, des missiles peuvent être envoyés. Après que chaque mastodonte ait envoyé un obus, les deux chasseurs à la poursuite des terroristes sont toujours sains et saufs. Un slalom entre les énormes grattes-ciel se met en place. Le professionnalisme exemplaire de nos camarades leur permet alors de virer au même moment et au centième de seconde près vers la gauche afin de pouvoir passer entre deux immenses bâtiments côte à côte et ainsi de mitrailler les avions de chasse à bout portant ! Ce léger contretemps passé, les quatre engins reprennent leur marche en avant.

Pour rejoindre l'Éthiopie, il leur faut à présent traverser l'Oman puis survoler à très vive allure pendant quelques minutes l'Océan Indien. L'un des pilotes prend alors contact avec son homologue Éthiopien et lui annonce précisément un retard de cinq minutes trente-quatre. L'Oman est parcouru en quelques minutes, un périple à travers l'Océan Indien débute, il faut rejoindre la Somalie avant d'entrer dans les terres sans accès à une mer, de l'Éthiopie. après quarante-sept minutes et deux secondes de vol avec de l'eau à perte de vue, une terre est visible. La Somalie fait son entrée dans les pays survolés par nos voyageurs insolites. Une fois le pays classé comme le plus défaillant au monde traversé, les avions parviennent enfin à entrer sur le territoire éthiopien. Là, deux nouveaux jets les rejoignent immédiatement. Dans un demi-tour de haute volée, les six appareils filent tout droit en direction de l'Afghanistan. Ils survolent à nouveau la Somalie puis l'Océan Indien où ils assistent brièvement au passage à une bataille maritime des plus sauvages.

C'est à présent le Pakistan qui est en ligne de mire des terroristes, enfin l'Asie Centrale est devant eux ! Une fois la frontière pakistanaise franchie c'est une terre décimée par de nombreuses attaques terroristes que survolent nos six véhicules. Dans la continuité de ce pays endommagé par les guerres civiles, l'Afghanistan est en vue ! Lorsque tous aperçoivent la frontière afghane, facilement reconnaissable du fait des longues et hautes palissades qui la longent, ils entonnent à tue-tête un chant. Pour célébrer ce divin moment, tous chantent «I gotta feeling that tonight’s gonna be a good night». Une sensation de fierté hante à ce moment l'esprit d'un Tanguy plus que rêveur. L'entrée est digne du pays qu'ils vont désormais fouler !

Une fois posés dans une aire leur étant réservé, nos dix-huit aventuriers sortent des avions et se saluent tous chaleureusement. A présent que les connaissances sont faites, les dix-sept hommes et la seule femme du groupe empruntent plusieurs jeep pour se rendre discrètement au quartier général à Ghazni. Dans chacune des trois jeep, l'on retrouve les six représentants du pays. Ainsi, la première se compose des Éthiopiens, Nebiyo, Zelalem, Surafel, Girma, Solomon et Mengistu. La deuxième est constituée de Cemal, Gürcan, Teoman, Amit, Bektas et Ufuk, les turcs. Enfin, la troisième jeep contient Tanguy, Fabrice, Samira, Axel, Fernand et Gérard, les terroristes belges. Une fois tout ce beau monde installé, toutes les voitures ouvrent le contact et démarrent en cœur. Le début d'une nouvelle aventure est très proche. Assis aux côtés de Samira, Tanguy en profite pour faire connaissance avec celle qu'il ne connaissait jusque là que de voix. La voix bouleversante représente dans la vraie vie une boule de muscles, ses seins ne sont plus visibles tant elle est musclée. Ses larges cuisses, plus dures que de la pierre, constituent la longueur des deux pieds et des deux mains de Tanguy mis côte à côte. Ses bras eux, tant ils sont musclés, ne peuvent plus se rabattre vers elle. Enfin son visage marqué par les efforts qu'elle a dû faire pour en arriver là vieillit la jeune belge d'une bonne dizaine d'années et est semblable à celui d'une skieuse qui aurait dévalé une piste noire sur le ventre.

Surpris de cette rencontre qu'il vient de faire, Tanguy s'en réduit à prendre connaissance désormais avec un jeune issu de la plus grande université de chimie mondiale. Il a passé tous les diplômes possibles et officie désormais pour l'organisation terroriste afin de montrer son potentiel sur le terrain même ! Notre jeune Tanguy s'y intéresse au vu de sa passion pour les matières scientifiques et au bout d'une trentaine de minutes, c'est désormais le Quartier Général qui est en vu ! Tous excités, les passagers de chaque jeep se lèvent, y compris les chauffeurs. C'est alors qu'une bourrasque de vent balance sur nos terroristes du sable qu'ils prennent en pleine figure. Cette mésaventure déclenche chez les heureux membres du ßπo quelques rires qui accompagnent leur entrée dans les immenses garages du quartier général.

Les dix-huit, à présents coéquipiers, se félicitent et entrent dans la synchronisation la plus totale dans les locaux secrets du ßπo. Un homme vient à leur rencontre et les emmène dans une pièce tout au fond de ces bureaux. Le dirigeant de la mission et ses adjoints les y attendent. C'est dans un immense bureau qu'ils sont tous rassemblés. A l'entrée des terroristes, le chef des troupes afghanes du ßπo Hassan Arrham Koumani se lève et quitte son fauteuil derrière lequel se trouvent les drapeaux afghan, éthiopien, turc, belge et celui symbolisant le groupe. Tout est fait pour que nos camarades se sentent bien. Un buffet longe même les murs de la pièce. Un buffet garni de différents mets de chaque pays participant à la mission. L'un des adjoints de Koumani prend alors la parole. Le discours est suivi très attentivement par tous et de vifs applaudissements se font lorsque les derniers mots sont prononcés. Koumani déclare à ce moment deux mots, les plus inattendus : «Bon appétit» !

Tanguy affamé se dirige vers son plat d'excellence, les fameuses frites accompagnées d'une grande chope de bière. C'est alors qu'il rencontre Zelalem, le jeune éthiopien un peu perdu au milieu de cet étalage de nourriture. Les deux hommes discutent longuement à propos des spécialités culinaires de leur pays, l'un décrivant à l'autre sa passion pour les frites et l'africain faisant découvrir au belge des plats lui étant jusque là inconnus tel que le wat. Mais au bout de quelques minutes, le sujet alimentaire dévie vers le sujet musical. Le jeune belge à l'écart de ses compatriotes chantonne un air pour le moins familier à Zelalem. Reconnaissant immédiatement la chanson de DiDiDé comme ils le surnomment en Afrique. Zelalem reprend l'air entonné par Tanguy, une atmosphère plaisante pour les deux garçons s'installe peu à peu.

Afin de ne pas être mis à l'écart tous les deux ils décident de se joindre au groupe. Chaque membre présent saisit un verre et tous ensemble ils trinquent à l'honneur de cette nouvelle mission qui débute ! Immédiatement après s'être rafraîchi, ils visitent les dortoirs, ou plutôt les appartements qui leurs sont offerts, il seront deux par cabine ! Ne voulant s'attirer les foudres de la belle Samira qui lui a semblé être sous son charme au cours de la visite, il demande à Zelalem d'être son camarade de couchette. Zelalem ne se pose alors pas de question, deux fans de JJG dans une seule et même chambre, c'est une occasion à ne pas rater, il accepte donc. Les deux acolytes s'empressent de découvrir leur chambre, or, c'est un palais qui s'ouvre à eux !

En effet, alors qu'ils s'attendent à découvrir deux pauvres lits recroquevillés, une chambre chacun leur est en réalité offerte menant toutes les deux à une salle d'eau commune. Le tout accompagné d'un salon grandiose avec la télévision nationale de chaque pays représenté lors de la mission. Un parquet vernis couleur doré orne le sol des deux pièces. Chaque lame de ce parquet contrecollé est constitué d'un panneau contreplaqué recouvert de bois massif. Tanguy étonné de voir un si beau parquet le regarde de plus près, il s'aperçoit alors de la signature de l'ébéniste qui avait réalisé sa planche en Belgique. L'éthiopien lui est plutôt attiré par le papier peint qui garni les murs. D'une épaisseur de deux centimètres et d'un ton rouge, il est accompagné de fleurs d'une couleur plus claire, donnant à la chambre une beauté inimaginable. Enfin, la pièce se termine par une énorme baie vitrée amenant à un jardin communal où toute personne logeant ici peut accéder, ainsi toutes les personnes du ßπo peuvent organiser débats et fêtes à l'extérieur et sans être remarquer.

Après ces quelques observations, nos deux camarades discutent longuement. Ensuite, afin de rentrer directement dans le vif, l'ensemble du groupe a rendez-vous à dix-huit heures dans la salle de réunion pour débuter les préparatifs de la mission. C'est donc après quelques minutes d'installation dans leur chambre que nos deux compères quittent le logis pour rejoindre le lieu de rendez-vous. En sortant, ni Tanguy, ni Zelalem ne reconnaissent de visage connu. Il essayent alors de se rappeler dans quelle salle ils ont rendez-vous. Les indications données par un messager sont très vagues pour des personnes qui n'ont pas l'habitude des lieux. Tanguy croit se souvenir que c'est à gauche qu'il faut commencer. Lui qui est pourtant si méthodique habituellement se retrouve totalement perdu dans ces bureaux tous semblables. Se pressant les deux font de longs et brusques pas, un des hommes marchant à proximité le remarque et vient à proximité de nos deux compagnons de chambre. Mais c'est dans une langue jamais entendu par les nouveaux arrivants que l'homme s'exprime. Zelalem s'essaie alors à l'anglais espérant que l'interlocuteur maîtrise aussi un peu cette langue universelle. Il commence alors avec son accent africain à demander : «Do you speak English ?». N'ayant pas compris ce que Zelalem veut dire, le métisse en face de lui lui demande de répéter en utilisant les gestes. Il comprend alors sans pour autant parler cette langue, et trace donc sa route.

Nos deux compères sont toujours perdus dans un immense couloir qui est le berceau de plus d'une centaine de pièces ! C'est à ce moment que Tanguy, malgré la forte densité de personnes autour de lui, repère la jeune Samira, facilement reconnaissable, au fond du couloir. Celle-ci fait de grands gestes à nos deux jeunes gens afin de leur indiquer le chemin. Les bras de la demoiselle alors en mouvement suspendus au-dessus de la foule sont plus qu'aisément visibles pour le jeune belge, puisque le gabarit de la jeune belge lui permet d'être tel un éléphant rose dans un troupeau de milliers de fourmis. Sur le trajet visant à rejoindre la jeune Belge, Tanguy, tout en marchant s'adresse à Zelalem. Il lui confie ses moindres secrets à propos de Samira. Désormais, il sait que Tanguy avait hâte de la rencontrer dès qu'il a entendu sa voix. Mais depuis qu'il l'a vu en face, il n'est plus convaincu, mais sa pensée envers elle reste néanmoins très forte. L'éthiopien le résonne donc et dit que seule la beauté intérieur compte, et que l'apparence n'est qu'un camouflage.

Réunis autour d'un très large bureau, les terroristes admirent la carte étalée sur celui-ci et représentant schématiquement le plan complet de la mission. Cette carte de Kaboul sur laquelle sont tracés manuellement de nombreux traits et points comportent tous les endroits stratégiques où devront se positionner les forces terroristes pour atteindre au mieux l'objectif qui leur est fixé. Enfin, pour pouvoir opérer en toute sécurité, ils agiront en civil. Leur apparence ne leur permettant pas de se fondre dans le décor, ils prendrons la place de touristes. Le chef prend alors la parole, et solennellement, il exprime à ses hommes qu'il ne sont pas là pour s'amuser. Qu'ici, en Afghanistan, les dangers sont maintes et maintes fois supérieurs à ceux de leurs pays respectifs, et qu'ils doivent s'attendre à une lutte féroce ! La réunion dure près de quatre heures, le temps de tout mettre au point, les premiers éléments de la mission commençant dès le lendemain à l'aube. Il est donc vingt-deux heures quand tout le monde quitte la salle. Tanguy et Zelalem rejoignent ainsi leur appartement saluant aux passages leurs camarades de mission. Les deux, face aux vifs discours du chef Koumani, voient l'inquiétude se propager dans leurs corps. Parfois, on peut distinguer des tremblements, les esprits commencent à dérailler, et renoncer prône dans tous les cerveaux. Mais la raison prend le dessus chez nos deux fans de Jean Jacques Goldman, et après avoir chanté pendant dix minutes, les deux hommes sont remotivés et prêts à en découdre, se promettant de ne jamais quitter la branche du terrorisme. Ainsi, on peut voir voguer le long de la pièce une phrase, celle-ci étant de ne jamais renoncer, seul le retour en arrière est une perte, la défaite elle est une petite victoire. Fatigués du voyage et de leur très longue journée ils ingurgitent cul-sec trois vodkas à la suite et s'effondrent.

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MessageSujet: Re: Journal d'un terroriste   Sam 3 Mai - 12:32

Partie 4 # 17 Novembre


Quatre heures du matin, en ce dix-sept novembre, Tanguy se réveille, penseur, alors qu'il rêvasse sur sa prochaine mission, et allume la lumière de sa chambre. Le réveil automatique mis en place par le chef du groupe n'ayant pas encore sonné, le début de la mission peut attendre. Le jeune belge décide alors de s'accorder de regarder dehors par une fenêtre située à la gauche de son lit. Pensant qu'il va trouver sur le sol des centimètres de neige, il est surpris et étonné lorsqu'il voit un soleil orangé se lever. C'est à ce moment qu'il réalise vraiment qu'il est en terre afghane. Stimulé par la réalisation de sa réelle présence ici, Tanguy a immédiatement un regain d'énergie qui le fait se lever d'un coup, motivé comme jamais pour démarrer la mission. C'est à ce moment là que le son d'un coq en chaleur surgit. L'heure fatidique se rapproche.

Pendant que son camarade éthiopien prend sa douche, Tanguy se saisit de son sac et en sort une petite malle. Il ouvre la boîte dans laquelle sont disposées deux photos, les portraits des deux êtres qui lui sont les plus chers. La première est celle de sa tendre mère qu'il affectionne tant et dont il imagine la tristesse du fait de sa solitude actuelle. La seconde est celle de son idole de toujours, le fameux OBL, symbole du terrorisme international. Il les regarde fixement, les baise puis les remet dans la malle. Ému, le jeune belge préfère s'isoler. Ne voulant pas s’immiscer dans la vie de Tanguy, le jeune Zelalem, âgé de dix-neuf ans préfère rester à l'écart et se préparer. Les membres de la mission ont comme devoir de se préparer en tenue de combat pour cinq heures, soit une heure après le réveil. Ceci est un jeu d'enfant pour notre jeune bandit, qui, dans son patelin ne se prépare qu'en quelques secondes pour une efficacité redoutable !

Il est la demie lorsque nos deux terroristes sont fins prêts, voyant l'avance qu'ils ont, ils écoutent un dernier album de celui qui les fait le plus vibrer vocalement, Jean-Jacques Goldman. Après ces quelques tubes écoutés, il est l'heure pour les deux compagnons d'hôte de rejoindre le lieu de rendez-vous à quelques pas de là, à l'autre bout de l'étage. Une fois arrivés dans la pièce, Tanguy et Zelalem retrouvent leurs camarades. Peu à peu la salle se remplit jusqu'à ce que tout le monde soit là. Les dix-huit aventuriers, leurs différents chefs habituels et les dirigeants de la mission sont tous présents pour ce dernier briefing avant le réel commencement de la mission nommée «BET» du fait de l'alliance belgo-ethiopo-turque.

Les dirigeants et responsables en chef de la mission constituent des équipes. En première ligne, nous retrouvons le groupe chargé de la protection des participants au projet. Entrainés toute la soirée en utilisant les techniques des plus grands commandos, Samira, Ufuk, Girma et Teoman ne laisseront aucun danger s'approcher d'aucun membre du ßπo. Ensuite, l'on retrouve les deux équipes qui seront chargées de réaliser les tâches les plus techniques et les plus délicates. D'une part, le groupe composé d'Axel, Gérard, Surafel, Mengistu, Gürcan et Bektas et d'autre part, celui composé de Fabrice, Fernand, Zelalem, Solomon, Cemal et Amit. Enfin, Tanguy et Nebiyo devront faire preuve d'une adresse à en stopper les globules rouges dans le sang. En effet, le travail en amont des douze hommes a pour but de faciliter la tâche des deux infiltrés.

Cette journée d'action décisive pour la suite de la mission démarre donc par l'infiltration du jeune belge et de l'Éthiopien, deux fois plus âgé que Tanguy de leur côté et par la préparation du terrain pour tout le reste des terroristes sur place. Tandis que deux équipes partent au cœur de Ghazni effectuer les derniers repérages et disposer différents outils d'espionnage, les deux coéquipiers ont rendez-vous à l'extérieur de la ville avec l'un des dirigeants européen des troupes ennemies afghanes auxquelles s'opposent les terroristes afin de tenter de s'allier avec ce qui est en fait la cible du ßπo. Pour ce faire, les deux membres les plus malins et rusés du groupe ont été choisis principalement car ils sont totalement inconnus des services de défense afghans, l'un étant tout nouveau au ßπo et l'autre ayant jusque là toujours réalisé des tâches uniquement à l'intérieur même des quartiers généraux du groupe. Afin d'assurer leur sécurité, l'équipe des robustes que constituent Samira, Teoman et leurs deux compagnons est chargé de les suivre et distance et d'entourer les lieux de l'entretien sur des positions stratégiques et grâce à des armes des plus précises qu'il soit.

C'est donc entre Ghazni et Kaboul, dans une petite ville désertique que la rencontre entre les deux terroristes et trois soldats français se fait. Il est un peu moins de huit heures lorsque les quatre costauds sont en place et que les deux invités pénètrent l'enceinte où ils ont rendez-vous. Cette cour à l'écart des habitations est entièrement vide à ce moment précis, l'heure de rendez-vous étant fixée à huit heures quinze. Cela laisse ainsi le temps à chaque terroriste de s'habituer aux lieux au cas où il y ait une quelconque manipulation inattendue à réaliser. Ce terrain sablé longeant le bas d'une petite colline le séparant du centre-ville représente une surface d'une trentaine de mètres carrés et semble complètement abandonné au vu des déchets en bouchant l'entrée et de l'état de la matière sablée recouvrant le sol.

À huit heures quatorze le bruit d'un moteur se fait de plus en plus intense aux environs de l'endroit où sont posés les deux hommes en mission. Et c'est à huit heures quinze exactement que déboulent trois hommes armés dans la fameuse cour. Le premier des trois militaires commence les présentations, il désigne son camarade de droite par le grade de sous-officier, celui de gauche comme un simple soldat puis se présente tel un officier. Nebiyo prend la parole à son tour dans un français solide et présente Tanguy et lui-même. Tandis que chacun des prétendus alliés est fouillé par l'un des militaires, le chef des trois français reprend la parole et commence son topo rappelant les critères à respecter si l'on désire apporter son aide à l'armée franco-britannique en Afghanistan. C'est à ce moment que Nebiyo sort de son sac quelques documents fabriqués par le ßπo, copie exacte de ce qui est attendu par l'officier qui confirme immédiatement la conformité des papiers. Ceux-ci ont été conçus par un ancien militaire allemand ayant rejoint le groupe terroriste trois ans auparavant et étant l'un des éléments les plus compétents de l'équipe située en Éthiopie. En effet, une dizaine de terroristes allemands se sont exilés dans ce pays d'Afrique puisque trop de soupçons commençaient à se répandre à leur propos sur leurs terres d'origine.

Pendant le déroulement de l'entretien, les quatre terroristes armés positionnés autour du grand terrain, aux sommets des différentes collines communiquent entre eux afin de s'assurer que personne ne repère quelque chose d'étrange ou une quelconque présence qui pourrait les gêner le long de ces différents monts. Rien d'anormal se produit et le rendez-vous se passe pour le mieux. Plus expérimenté, Nebiyo prend régulièrement la parole et répond aux différentes interrogations qui font surface dans l'esprit de l'officier français. Tanguy, plus à l'écoute est très attentif et retient tout ce qui se dit, les moindres mots prononcés, les deux hommes ayant préféré ne pas s'équiper de micros capturant les sons afin de ne courir aucun risque dans cette phase de tentative d'infiltration, la discrétion la plus grande devant être opérée et les dangers devant être au maximum évités pour qu'aucun soupçon ne pèse sur l'alliance des français et de ces deux compagnons.

Enfin le speech des français fini, l'efficacité et les capacités des membres du ßπo sont testées. Le choix des deux membres se révèle alors très judicieux puisque Nebiyo et Tanguy sont spécialisés dans différents domaines. Nebiyo, adroit dans la réflexion et Tanguy, expert dans différents domaines tels que le tir ou le combat, pourront alors se complémenter et ainsi atteindre un professionnalisme à en couper le souffle. Passant les tests avec une performance relevant du surnaturel, les français leurs demandent leur lieu de formation. Avec une légère hésitation, tout de même contrôlée, c'est Tanguy qui prend la parole ne voyant aucune réaction de l'Éthiopien. C'est ainsi avec une certaine aisance de la langue arabe qu'il cite le complexe sportif التزام استثنائي من الصحراء, signifiant le complexe sportif de l'exceptionnelle volonté du désert. Les trois européens se renseignent alors et voient qu'effectivement ce site est réputé. C'est à ce moment qu'ils demandent à Nebiyo et Tanguy de se mettre à l'écart pour pouvoir se concerter et ainsi donner leurs avis sur ces deux derniers.

Les opinions des trois se concentrent sur la force de l'équipe, pourtant l'intelligence et la force du Belge reviennent sur toutes les lèvres. Tanguy est sans aucun doute celui qui les a le plus bluffé. Les pensionnaires français se rapprochent dès leurs dernières paroles prononcées de chacune des deux personnes, et leur murmurent la réponse qui doit rester à tout prix secrète ! C'est après un long moment où le suspens est des plus présents que retentissent des coups de feu, précipitant la réponse positive pour, et Nebiyo, et Tanguy. Les cinq guerriers se dirigent alors vers l'extérieur, pour espérer pouvoir apercevoir les mécréants. Mais ce sont dans les esprits des deux usurpateurs que les soupçons se font gros. Est-ce les personnes censées les protéger qui ont tiré ? Si tel est le cas, il faut trouver une possibilité de s'en sortir ! Les mots fusent dans les cerveaux des deux membres du ßπo.

Les trois français se dirigent alors vers la sortie, attentifs, Samira, Girma, Teoman et Ufuk les voient débouler très discrètement, pas à pas, et un par un, ils tentent de passer inaperçu. Les viseurs de nos quatre protecteurs sont discrètement pointés sur les trois français. Pour Samira, c'est certain, ils ont tué son Tanguy ! La gâchette est à portée de son doigt ! Elle compte ravager les troupes adverses ! À la manière de John Price dans COD, elle suit les français comme leur ombre ! Et lorsque les soldats européens font signes aux terroristes présents dans la maisonnette de venir, c'est une symphonie de tirs qui se dégage de chaque arme des hommes en haut de la colline. Croyant qu'un mouvement qui aurait pu leur être préjudiciable allait être commis, ils ont pressé sur le mécanisme de l'arme à feu faisant partir les coups.

Cependant, les balles silencieuses envoyées par les armes des terroristes déséquilibrés par une rafale de vent soudaine ne terminent pas leur trajectoire sur la cible de base mais se retrouvent soit sur le sol, soit dans la colline opposée à chaque tireur. Les échos retentissants du bruit des balles sur le sable surprennent les militaires français mais ne les inquiètent pas plus que cela. C'est à cet instant que Tanguy et Nebiyo rejoignent leurs recruteurs sous le regard ébahi de leurs quatre robustes camarades. Par le biais d'une communication par appareils dernier cri, Samira en profite pour indiquer à ses trois coéquipiers de suivre discrètement les deux infiltrés en fonction de leur déplacement, ces derniers rejoignant le quartier général des militaires français pour assister à un cours de formation de jeunes soldats afghans. Les français, à l'aide de leur buggy tout terrain se dirigent vers une ruine non loin du point de rendez-vous. Étonnés de ne rien apercevoir, les deux membres du ßπo se ravissent. Les soldats européens ne sont à priori pas en possession d'un grand nombre d'hommes et sont peu équipés ! Les lèvres de Nebiyo s'élargissent alors mais cet engouement ne dure pas...

En effet, un complexe souterrain des plus sophistiqués se cache en dessous de tonnes de sable. Ainsi, nombre d’hypothèses se développent chez Tanguy. Afin d'attaquer par surprise, ce serait d'immenses bâtiments qui seraient cachés, par la France et leurs troupes, en territoire afghan. Une avancée qualifiée de "fantasmagorique" vient d'être découverte. Mais il ne faut pas se dé-focaliser de l'objectif et se concentrer pour satisfaire leurs supérieurs actuels, les français. Les quatre membres du groupe terroriste cachés et chargés de protéger les leurs les virent entrer dans le domaine clandestin quelques minutes auparavant puis décident de les attendre et d'intervenir qu'en cas critique. Quelques mètres plus bas, Nebiyo et Tanguy sont en pleine visite, une centaine de pièces sont accessibles, ressemblant fortement au quartier général de l’organisation terroriste.

Les deux jeunes garçons observent attentivement chaque détail de cette immense structure lorsqu'ils progressent peu à peu dans l'enceinte militaire souterraine. D'un côté surpris que les français dévoilent aussi hâtivement leur localisation stratégique et inquiets pour l'avenir de la mission, Tanguy est à l'affût de toutes les informations qu'il peut saisir, ici et là. Au bout de quelques minutes d'attente assis dans une salle semblable à un cabinet de médecin, les deux fans de Jean-Jacques Goldman s'impatientent. À ce moment précis, une femme, peu vêtue fait son apparition et demande le Belge et l'Éthiopien. C'est le coup de foudre pour Tanguy, ses yeux en sortent presque de ses orbites tant il n'a jamais vu pareille beauté jusque là dans sa vie.

Cependant, lorsqu'elle prononce les fausses identités des deux hommes, son ton froid et sec glace le jeune belge qui ne peut cesser de regarder à hauteur de sa poitrine tant son petit volume l'attire. La jeune demoiselle prie alors les deux jeunes gens de rejoindre la pièce dont elle retient la porte. Une fois celle-ci franchie, Tanguy et Nebiyo découvrent une dizaine de personnes installée sur des sièges, l'un gradé, les autres, soldats locaux sans expérience militaire réelle. Le belge comprend donc qu'ils vont assister au briefing pré-formation de ces futurs agents. Très étonnamment, la femme ayant appelé les deux infiltrés les invitant à pénétrer la pièce, s'assoit sur le plus grand des fauteuils, ce dernier plus élevé que les autres, est destiné à accueillir le dirigeant de la réunion. Ainsi, la dame reprend son ton ferme, se présente et commence à détailler la suite des opérations pour l'entraînement des jeunes afghans, la majorité d'entre eux ayant, collé à leurs oreilles, un casque de traduction instantanée des paroles prononcées dans le micro tenu par la française.

Après avoir indiqué tous les commandements nécessaires, la militaire finit par présenter les deux étrangers assis au fond de la salle et leur attribue un rôle d'accompagnement dans la formation de l'après-midi. Elle se précipite ensuite vers eux et leur précise à voix basse qu'ils débuteront leur mission le lendemain à l'issue d'une réunion informative dès l'aube où tout leur sera expliqué avec au bout, la donation de leurs différents objectifs à réaliser. Les treize personnes quittent ensuite peu à peu la salle de réunion puis se dirigent vers un camp souterrain d'entraînement aménagé dans les conditions des zones de combat afghanes. Admiratif du décor très réaliste, Tanguy s'étonne d'avoir l'impression d'être en extérieur alors qu'ils sont en fait sous le sol, dans une cour de plusieurs dizaines de mètres carrés ornée de dunes ensablées et dont le sol est recouvert de pièges informatiquement déclenchables à distance. L'intense exercice commence immédiatement.

Très appliqués, les habitués de cet endroit se positionnent très promptement sur leurs postes stratégiques. Un peu désorientés, les accompagnateurs se placent derrière les plus hautes dunes. La mission formatrice commence réellement lorsque retentit une petite alarme créant un clignotement rouge bref dans le local d'entraînement. À l'aide de mannequins dirigeables armés de pistolets automatiques très perfectionnés, les informaticiens contrôlent d'une cabine extérieure à la zone de combat l'ensemble des déplacements et des tirs des robots. Brillamment, Tanguy et Nebiyo exécutent progressivement les engins en évitant régulièrement d'une manière très acrobatique les balles provenant des tirs des mitraillettes naviguées par l'un des dirigeants de l'entraînement. De leur côté, les afghans sont assez timides et discrets dans leur action mais leur efficacité est plutôt remarquable aux yeux des spectateurs de la scène. Cependant, le travail effectué par Tanguy attire tous les regards tant sa précision est exceptionnelle. Chacun de ses gestes est millimétré et mesuré. Tandis qu'habituellement la séance dure plus de quarante-cinq minutes, celle-ci se conclut en vingt-cinq minutes à peine grâce à l'apport des deux expérimentés malgré leur absence de connaissance du terrain.

À leur sortie du module, les douze combattants sont félicités par l'un des principaux adjoints au directeur général de l'armée française en Afghanistan, venu assister à cette simulation grandeur nature. L'homme, bien connu du ßπo est l'un des militaires à l'origine de l'implantation française en Afghanistan. À la présentation des deux dits alliés, le haut-gradé se ravit de l'introduction d'africains et de belges dans des équipes de collaboration franco-afghanes. En effet, il est surpris de la compétence des deux terroristes; c'est immédiatement et logiquement qu'il leur propose de rejoindre l'élite des forces françaises et ce dès le lendemain dans un lieu secret. Nebiyo et Tanguy ont rendez-vous à sept heure précisément dans la petite maisonnette où l'armée française les ont rencontré, et a surtout découvert l'énorme capacité de deux hommes. Les deux infiltrés se dirigent alors vers la sortie, et afin de tromper les français, ils feignent d'avoir oublié la position de la fameuse trappe leur permettant d'entrer et de sortir du bâtiment. Le général lui-même les guide alors jusqu'à apercevoir l'échappatoire.

Une fois à l'extérieur, c'est à brûle-pourpoint que les deux compères se dirigent, non pas vers le lieu où se trouve le groupe des quatre censés les protéger, mais sur la route principale afin de ne pas perpétrer une erreur qui serait fatale dans leur infiltration. En revanche, au cœur des collines où se situent les robustes, c'est l'incompréhension qui se fait sentir, les questions à propos de ce que peuvent bien faire le Belge et l'Éthiopien jaillissent dans les esprits de chacun. Seul Teoman, après une agile réflexion assimile cette déviation comme une façon de rendre leur intromission des plus réelles. C'est seulement après avoir marché environ un kilomètre que le groupe de quatre et le duo se retrouvent. Se serrant de bras en bras, les uns écoutent le récit poétique et épique des autres à propos des épreuves qu'ils ont surmonté. Et sans s'apercevoir du temps de marche qu'ils ont passé dans le désert caniculaire afghan, ils arrivent au centre du ßπo, surnommé par les terroristes en mission «God'house». Une fois rentrés dans les logements du groupe terroriste, les six membres ont rendez-vous dans la pièce la mieux équipée de toutes, à dix-huit heures tapantes. Ne sachant l'heure, tous se dirigent à grandes enjambées dans leur suite. Nebiyo et Tanguy s'aperçoivent alors de l'heure sur la pendule : ils ne doivent pas être en retard pour l'une de leurs premières rencontres avec les dirigeants.

Les visages, foncé pour l'Éthiopien et très pâle pour le Belge, rentrent alors dans une phase indescriptible, la crispation de leur visage est accompagnée d'une dose de rage. Il est en effet dix-sept heures et cinquante-trois minutes, et alors qu'il est indispensable de se dépêcher, Nebiyo reste figé, immobile... Quant à lui, Tanguy, malgré le petit temps de réaction dû à la vue de l'heure, se prépare, et en à peine trois à quatre minutes, il est peigné et astiqué de la tête aux pieds. Le nègre, toujours immobile sort alors de sa crise, et c'est à ce moment même que le Belge le constate. Il l'aide immédiatement dans le périple de son habillement, tour à tour, le slip, le tee-shirt et tout ce qui s'en suit sont portés par Nebiyo. Ayant refusé de siéger dans le domaine français en prétextant la présence de proches dans les environs, les deux infiltrés prévoient de se coucher immédiatement après la réunion et prennent ainsi soin très rapidement que rien ne les perturbe sur le chemin de leur lit à leur retour du rendez-vous qui s'annonce long et épuisant, de très nombreux points devant être abordés.

Fin prêts, l'horloge annonce l'heure fatidique. Et à coups d'incommensurables pas, ils arrivent alors que les deux morceaux de la porte commencent à se fendre. Ils sont juste dans les temps. Se croyant en retard, ils se dépêchent et intègrent chacun rapidement le pièce, n'ayant pas pris le soin de regarder qui était présent, il voient alors que ce sont les premiers et par conséquent, les seuls dans les temps. Progressivement, les quatre costauds pénètrent à leur tour le lieu et se posent là où leurs noms sont inscrits sur des morceaux de papiers, autour d'une grande table à quinze places de laquelle l'on voit nécessairement la projection de vidéos, un écran étant présent sur chaque mur de la pièce. À vingt-et-une heure cinq exactement, l'ensemble des dirigeants de la mission présents pour cette réunion entre dans la pièce tout en continuant leurs discussions en cours et en saluant au passage les six terroristes qui se sont levés à cet effet. Chacun des membres prend sa place et au bout de quelques minutes, l'un d'entre eux prend la parole. Il s'agit du numéro trois du groupe pour cette mission. Babek El Ferouchi tient alors le crachoir, et, après avoir longuement résumé la mission, il demande à chacun des nouveaux terroristes de conter le projet du jour et ce, dans les moindres détails.

À leur tour, les quatre personnes ayant protégé Nebiyo et Tanguy et ces deux derniers narrent tous les faits et gestes qu'ils ont réalisé. Après ce léger briefing, aucune mise au point supplémentaire n'est demandé aux six aventuriers. "Tout sera fait demain matin" s'exclame un des hauts responsables du projet, en parlant de l'élaboration du jour suivant. Le numéro trois reprend alors la parole et grâce à une manette en vogue, il émoustille alors notre jeune Belge lorsqu'il presse le bouton "power", et que l'image apparaît. En effet, ces quatre écrans pneumatiques à molette bénéficiant de la technologie "pixel five life" sont les modèles de téléviseurs les plus évolués mondialement et encore inconnus outre locaux du ßπo. Les cinq couleurs qui ornent chaque pixel permettent de faire ressortir des images de toutes sortes avec des couleurs dignes du coup de pinceau de De Vinci ! Ainsi est projeté sur tous les écrans le suivi instantané des équipes parties préparer le terrain et en profitant pour prendre un maximum de repères et capturer par le biais de caméscopes ultra perfectionnés des images du centre-ville qui leurs seront incontestablement utiles pour la suite. Après différents témoignages, commentaires et analyses de la part de chacun des spectateurs de ce direct passionnant, il est temps pour le secrétaire du numéro un du groupe de clore cette réunion ayant duré plus de trois heures.

Il est vingt-et-une heure passé lorsque l'Éthiopien et le Français parviennent à leur dortoir. Épuisés de leur longue et intensive journée, les deux hommes ne tardent pas à s'endormir ne cessant de penser à leurs tâches du lendemain. L'infiltration ne fait que commencer. Avant de s'endormir, Tanguy a une pensée pour celui qui l'a conçu, mort trop tôt. Pour lui rendre un hommage mental Tanguy lui dédie ses actuelles actions destructrices afin que son père se rende compte à quel point il compte malgré sa place dans l'au-delà. Après un bref retour à la réalité c'est dans l'imagination de sa mère qu'il a laissé seule qu'il se retrouve, isolée et inquiète, elle prie afin de pouvoir un jour revoir son fils l'ayant abandonné prématurément. Ne pouvant porter le poids de son action passée, il retourne brusquement et lourdement à la réalité lorsque le grincement de la porte de la chambre de Nebiyo parvient à ses oreilles. Une affligeante réalité dans laquelle c'est un assassin. Malgré ses actes qualifiés d'inacceptables par la plus grande partie de l'humanité, lui est d'avis contraire à cette opinion qu'il juge grotesque. Le Belge afin de donner à ses propos une image neutre se fait une critique objectives de ses actions, cherchant à comprendre le point de vue de ceux qui ne sont pas de son avis. Cependant, sa recherche échoue, il approuve totalement ce qu'il fait et ne parvient pas à en déceler le mal. D'après lui, pour vivre il faut lutter, mais pour combattre il faut chuter. Après avoir sectionné mentalement les parties de son cerveau, il en arrive à la conclusion que ce qu'il fait est totalement juste et approuvable. Il lui a fallu se relever suite au décès de son père et le terrorisme est pour lui le moyen de vivre et de sentir l'air empli d'oxygène traverser ses narines. Le sommeil prend alors place dans le cerveau de notre homme et ses yeux rapidement se plissent avant que la paupière ne vienne se sceller aux cernes foncés de Tanguy ne permettant plus à l'œil d'exercer le bien qui est le plus cher à l'homme pendant quelques heures.

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